Le Président de la République au Mémorial de la Shoah pour les 75 ans de la libération d’Auschwitz Birkenau

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Heureuse et rayonnante année 2020

Des tréfonds du doute, de la nuit la plus sombre ou des défaites apparemment irrémédiables,

finit par s’élever un jour, à force de volonté, la pleine mesure de la clarté,

et de la seule victoire qui vaille :

celle que l’on remporte sur soi-même.

Tel est – non pas la « leçon » donnée en face-à-face –

mais le ferment exaltant d’un partage de valeurs,

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d’un cheminement côte à côte, tendu vers le même horizon

qu’il nous faut savoir offrir à cette Jeunesse de France

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qui, à l’encontre des pessimismes et des idées reçues,

est, dans toute sa « diversité », porteuse du meilleur.

Il nous faut aussi savoir dépeindre à cette Jeunesse

combien hier, hier à peine, des hommes et femmes d’exception

– à jamais vainqueurs de leurs bourreaux

pour être mort(e)s d’espérance –

à l’instant ultime

n’avaient d’yeux, de confiance et d’amour

que pour Elle.

Et d’entre tous ces hommes et ces femmes de Résistance,

ceux et celles des « Services »

dessinent pour cette même Jeunesse, par-delà l’injure du temps et de l’oubli,

ce qu’avec les mots du combattant de la France libre Romain Gary,

on pourrait dénommer :

la promesse de l’aube.

*

Le fondateur du réseau Eleuthère, l’écrivain Hubert de Lagarde

(qui eut pour professeur d’Histoire à Saint-Cyr un certain commandant De Gaulle),

est condamné par les nazis à travailler jusqu’à l’épuisement dans un tunnel de sel à Dora-Ellrich.

Malgré son état, il ne cessera pourtant jamais d’y recuellir du renseignement

et aura pour tout derniers mots conscients fin janvier 1945 :

« En somme, les nouvelles sont bonnes… »

Il mourra quelques jours plus tard, enserrant dans son martyre

le secret intime d’une lueur unique

indomptée et triomphante.

*

Tout un groupe d’officiers des Services spéciaux

sont déportés au camp de Buchenwald.

Pour mieux les humilier, une brute nazie leur montre de sa cravache

la sinistre menace du four crématoire.

Mais, bien loin de montrer une quelconque peur,

au seuil de la mort évidente et prochaine,

les officiers, pour sa plus grande fureur,

lui rient au nez et le narguent.

Ils seront fusillés de suite,

et non abandonnés, comme tous les autres déportés, au supplice d’une mort lente.

Les nazis craignent trop la « nuisance » de ces êtres infaillibles,

et ce jusque dans leurs propres camps de la mort.

Et les barbares ont bien raison : les officiers mourront,

tout comme Georges Blind sur la célèbre photographie de son exécution :

un sourire de défi aux lèvres…

*

Pour mieux désigner différentes fonctions et structures de ces Services spéciaux en Résistance,

sans que les nazis ne puissent s’y retrouver,

on eut recours à des noms de fleurs.

Quelle plus belle évocation de la patrie combattante

que ce dialogue fraternel et héroïque

entre LysCamélia, Dahlia et Glaïeul…

D’autant que ce « réseau des fleurs »,

ce service de renseignement militaire français clandestin,

avait aussi agi sous la « couverture » non moins champêtre des « Travaux ruraux »,

pour mieux libérer de l’emprise de la haine

la féconde Terre de France…

*

Enfermé à la prison de Fresnes après avoir été torturé,

le « petit Marchand » doit pourtant de toute urgence

prévenir des camarades menacés d’arrestation.

Par un tout petit espace dans une canalisation,

il réussira à faire passer un message d’alerte

à un autre prisonnier bientôt libérable :

des mots, essentiels comme la Liberté,

masqués dans la trivialité d’un double-fond

d’un vieux pot de rillettes…

comme un pied-de-nez, un de plus,

aux tortionnaires et aux tyrans.

***

A l’aune et à l’image de ces parcours d’exception,

en ce jour férié où tant d’hommes et de femmes

honorent, à leur poste, une haute idée du verbe SERVIR,

je vous souhaite une année,

une vie et des chemins

emplis de cette lumière intérieure,

embaumés de ces fleurs de Résistance,

de ces défis lancés à l’impossible,

de ces combats opiniâtres et de ces rires qui transcendent

les heures les plus sombres.

Que par-delà la froidure du désenchantement (> Encore un autre hiver)

le superbe chant d’espérance du poète Calogero,

– qui sait dénicher, dans l’apparente banalité de nos quotidiens,

la noblesse des refus et des sursauts :

Tien An Men

vous transporte tout au long

d’une rayonnante année 2020.

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Gaël PILORGET

Correspondant-Défense / Civisme et mémoire à Villemoisson : https://cdvso.wordpress.com

Commandant (RC-Ad Honores) / Cabinet du Gouverneur militaire de Paris

Chercheur au Centre français de recherche sur le renseignement

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Hommage aux trois sauveteurs de la Sécurité civile (Nîmes)

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Jean Garat

Michel Escalin

Norbert Savorin

Avec courage et honneur, ces trois hommes, sauveteurs de la Sécurité civile, avaient fait le choix de dédier leur vie au secours des autres. Le 1er décembre dernier, alors que de fortes intempéries sévissaient dans le Sud de la France, ces trois braves, qui venaient d’assurer plusieurs opérations de sauvetage, furent appelés pour venir en aide à des pompiers dans le Var. Ils y laissèrent leur vie. Le Président de la République leur a rendu hommage depuis Nîmes.

Hommage du Président de la République

« Debout, unis, résilients » pour treize nouvelles étoiles au firmament du Mali

13 soldats ont péri ce lundi soir au cours d’une opération de combat, 

suite à l’accident en vol de deux hélicoptères de l’armée de Terre engagés dans l’opération «Barkhane ».

« Cette terrible nouvelle endeuille nos Armées, la communauté de défense et la France toute entière » 

déclaré la ministre des Armées, Mme Florence PARLY.

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Tels sont les noms de ces treize héros morts pour la France :

  • Le capitaine Nicolas MÉGARD, du 5e régiment d’hélicoptères de combat de Pau

  • Le capitaine Benjamin GIREUD du 5e régiment d’hélicoptères de combat de Pau

  • Le capitaine Clément FRISONROCHE du 5e régiment d’hélicoptères de combat de Pau

  • Le lieutenant Alex MORISSE du 5e régiment d’hélicoptères de combat de Pau

  • Le lieutenant Pierre BOCKEL du 5e régiment d’hélicoptères de combat de Pau

  • L’adjudant-chef Julien CARETTE du 5e régiment d’hélicoptères de combat de Pau

  • Le brigadier-chef Romain SALLES DE SAINT PAUL du 5e régiment d’hélicoptères de combat de Pau

  • Le capitaine Romain CHOMEL DE JARNIEU du 4e régiment de chasseurs de Gap

  • Le maréchal des logis-chef Alexandre PROTIN du 4e régiment de chasseurs de Gap

  • Le maréchal des logis Antoine SERRE du 4e régiment de chasseurs de Gap

  • Le maréchal des logis Valentin DUVAL du 4e régiment de chasseurs de Gap

  • Le maréchal des logis-chef Jérémy LEUSIE du 93e régiment d’artillerie de montagne de Varces

  • Le sergent-chef Andreï JOUK du 2e régiment étranger de génie de Saint-Christol

Ces soldats étaient issus de différents régiments mais tous accomplissaient la même mission : lutter contre le terrorisme.

Pour « rendre aux frères d’armes maliens et burkinabés leurs libertés » et pour « protéger notre pays », a expliqué la ministre des Armées.

Les 13 militaires – un caporal-chef, six sous-officiers et six officiers, officiant au 4e Régiment de chasseurs de Gap, au 93e Régiment d’artillerie de montagne de Varces, au 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau et au 2e Régiment étranger de génie de Saint-Christol. 

« Des militaires exceptionnels », selon la ministre des Armées, qui a salué « leur courage, leur détermination et leur persévérance »« Nous avons pour eux une profonde reconnaissance », a-t-elle ajouté.

Le général d’armée François LECOINTRE, le chef d’État-major des Armées, a évoqué les circonstances de la mort des treize soldats : « Une opération de combat menée dans des conditions très exigeantes »qui a abouti à la collision entre deux hélicoptères, un Tigre et un Cougar.

Florence PARLY a annoncé l’ouverture d’une enquête pour connaître les raisons précises du drame. Les deux boîtes noires ont été retrouvées. Dans les prochains jours, un hommage sera rendu aux Invalides aux 13 militaires disparus

En leur mémoire, une minute de silence a été respectée à l’Assemblée nationale et au Sénat. « Nous sommes debout, unis, résilients », a assuré Florence PARLY.

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Hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015

13-N

> L’hommage de la Nation

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EDF

Sources : France Info, TV5 Monde (photo ci-dessus)

Dans l’impressionnante dignité des survivants et des proches des défunts,
dans la réaffirmation quotidienne des principes de la République,
il nous faut lire la défaite (toujours provisoire cependant)
de l’extrémisme, de la lâcheté et de la haine.
 
N’oublions jamais.
N’oublions jamais ce que nous disent,
dans la voix de Saez, 
ces enfants, nos enfants, « fils d’Orient ou d’Occident » qu’importe,
puisqu’« ils s’appelaient
les enfants de la France » : 
 
« Comme on chérit sa mère, 
on chérit sa Patrie…»

Commémoration de l’Armistice du 11 Novembre 1918

La municipalité remercie les Anciens combattants, les élus (du Conseil municipal et du Conseil municipal d’enfants), les services (Enfance-jeunesse et l’indispensable Service technique) et les citoyens qui ont bravé la pluie et le froid pour venir assister à cette cérémonie désormais dédiée aux soldats morts pour la France sur l’ensemble des conflits.

M. le Maire a souhaité ajouter au déroulé habituel de la cérémonie un hommage républicain au capitaine DREYFUS, ainsi que deux chants patriotiques :

« Je voudrais ouvrir cette cérémonie par un hommage au capitaine Dreyfus et au Lieutenant-colonel Picquart. Pourquoi ? Parce que cette cérémonie pour nos morts des guerres passées ne doit pas être isolée, sortie de son contexte ni de notre actualité. Le capitaine Dreyfus est le symbole de la tolérance républicaine retrouvée contre toute forme d’extrémisme fut-il prétendu religieux. Le lieutenant-colonel Picquart est le symbole de l’honneur malgré tout et de la vérité triomphante.

Le chant  Le régiment de Sambre et Meuse que vous entendrez est le symbole que la force armée est parfois nécessaire pour agir contre les ennemis de notre liberté et de notre démocratie. Le Régiment de Sambre-et-Meuse est un chant patriotique français composé en 1870 par Robert Planquette et arrangé en marche militaire par François-Joseph Rauski. Les paroles sont de Paul Cézano. Ce poème patriotique a été écrit à la suite de la défaite militaire française lors de la Guerre franco-prussienne de 1870.

Nous rendrons aussi aujourd’hui comme partout en France un hommage à nos soldats morts en opération cette année, morts pour nous. C’est en pensant à leur sacrifice que nous écouterons le chant du départ. A l’origine, Le Chant du départ est un chant révolutionnaire, écrit par Étienne Nicolas Méhul (pour la musique) et Marie-Joseph Chénier (pour les paroles) en 1794. Mais il fut aussi l’hymne de nos poilus partants au combat lors de la Première Guerre mondiale et dont nous devons ne jamais oublier le sacrifice et qui nous réunit ce jour ».

Les membres du Conseil municipal d’enfants ont lu l’hommage de l’ancien président de la République, Jacques Chirac, lors de la cérémonie du centenaire de la réhabilitation du capitaine Dreyfus à l’École militaire (12 juillet 2006) > Hommage.Dreyfus.Zola.Picquart

M. le Maire a lu le message de la Secrétaire d’État en charge des Anciens combattants et de la Mémoire : Message du 11 novembre 2019

Les Anciens combattants ont également rendu leur propre hommage : Message de l’UNC

Les membres du CME ont fleuri les tombes des soldats villemoissonnais morts pour la France.

 

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Le nouveau monument aux morts pour la France en opérations extérieures

inauguré à Paris  ce 11 novembre : Présentation (Ministère des Armées)

 

Dans les yeux de DREYFUS, la force du mot FRANCE

Son regard a la douceur et la conviction

de la voix d’un de ses descendants,
un certain Yves DUTEIL
qui a composé en sa mémoire cette magnifique chanson :
 
Il n’a pas la judaïté française de la provocation,
celle de cet adolescent totalement inconscient, si fier d’exhiber son étoile jaune
pour mieux narguer les antisémites,
cet éternel rebelle qui donnera à la France
une Marseillaise hélas incomprise,
alors qu’elle était l’expression d’un indéniable et séculaire patriotisme familial  :
 
Il n’a pas la judaïté française si drolatique et fantasque, si folle et si tendre
des personnages haut en couleur qui traversent l’oeuvre d’Albert COHEN
(auquel tout patriote digne de ce nom se doit d’envier tant de cris d’amour à la France, dont Ô vous, frères humains),
ces Juifs de Céphalonie devenus un temps Français en 1797,
quand un certain général Bonaparte fit des Iles Ioniennes d’éphémères départements de la République.
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Dreyfus a sa propre judaïté française, laïcisée et farouchement républicaine,
vouée au culte de la Patrie des Lumières, de la Liberté et de la Fraternité, 
de l’Égalité et du Mérite, de la Raison et de la Justice,
autant de principes que devait à ses yeux incarner l’Armée.
 
Dreyfus, qui eut toutes les raisons de douter de cette institution
et du régime politique qui tentait de la contrôler,
sut au contraire dépasser le poids accablant de sa vie brisée par l’injustice
pour mieux s’élever à la hauteur de valeurs absolues et immortelles,
dont Serge Gainsbourg et les sublimes « Valeureux » d’Albert Cohen nous disent, à leur manière,
toute l’universalité et toute la transcendance.
Dreyfus rejoint à cette hauteur-là le lieutenant-colonel PICQUART
(prochainement incarné à l’écran par un très convaincant Jean Dujardin :
ce chef du Deuxième bureau (le service de renseignement) 
qui, bien qu’antisémite, et guidé par sa seule conscience,
endura jusqu’à la prison pour défendre la Vérité.
 
Dreyfus rejoint à cette hauteur ses frères d’armes musulmans
tombés par milliers en fils de France
et pour laquelle fut édifiée la Grande Mosquée de Paris.
 
Dreyfus nous rappelle de cette hauteur qu’il n’est qu’une vocation militaire : la guerre au déshonneur.
Qu’il n’est qu’une seule communauté : la Nation fraternelle,
et qu’il n’est qu’un seul horizon commun : la République et la France.
 
 
>>> Exposition « De l’Affaire à la Grande Guerre : Dreyfus ou l’amour de la Nation »
Hall de la Mairie, du 6 au 21 novembre

Hommage au brigadier Ronan POINTEAU, mort en opération

Le 2 novembre vers 11h, heure de Paris, un véhicule blindé léger de la force Barkhane engagé dans une opération dans le Liptako a été frappé par la déflagration d’un engin explosif. Ce véhicule assurait la protection d’un convoi entre Gao et Menaka.

 

Le 2 novembre vers 11h, heure de Paris, un véhicule blindé léger de la force Barkhane engagé dans une opération dans le Liptako a été frappé par la déflagration d’un engin explosif. Ce véhicule assurait la protection d’un convoi entre Gao et Menaka.

L’explosion a provoqué le retournement du véhicule.

L’équipe médicale présente sur place est aussitôt intervenue pour prendre en charge l’équipage du véhicule, alors qu’un hélicoptère Tigre a sécurisé la zone.

Après cette première intervention médicale, l’équipage du VBL a été évacué à l’aide d’un hélicoptère Caïman en direction de l’antenne chirurgicale de Gao. Le décès du brigadier Ronan Pointeau, du 1er régiment de Spahis, y a été constaté.

Les autres passagers du VBL ont été pris en charge. Leur état n’inspire pas inquiétude.

Cette attaque insidieuse montre l’importance et l’âpreté de la lutte contre les groupes armés terroristes pour la sécurisation du Liptako. La Force Barkhane poursuit cette lutte avec détermination aux côtés de ses partenaires, afin de rétablir la paix et d’accompagner le retour à la vie normale pour les populations du Sahel.

Conduite par les Armées françaises, en partenariat avec les pays du G5 Sahel, l’opération Barkhane a été lancée le 1er août 2014. Elle repose sur une approche stratégique fondée sur une logique de partenariat avec les principaux pays de la bande sahélo-saharienne (BSS) : Burkina-Faso, Mali, Mauritanie, Niger, et Tchad. Elle regroupe environ 4 500 militaires dont la mission consiste à lutter contre les groupes armés terroristes et à soutenir les forces armées des pays partenaires afin qu’elles puissent prendre en compte cette menace.

Sources : État-major des Armées

Aux pierres vivantes d’une si vieille et belle Maison

Alors que les feux médiatiques éclairent
qui a trahi en toute lâcheté et barbarie,
qui est indigne du nom de fonctionnaire
et sur lequel retombera l’oubli de l’infamie,
 
il nous faut revenir à ce qui doit perdurer,
à qui honore l’uniforme et le service public.
 
Il nous faut revenir à ce qu’incarneront toujours
Aurélia, Anthony, Brice et Damien,
tout comme le stagiaire qui a neutralisé l’assassin
avec le plus grand sang-froid.
 
La haute idée d’une haute Police,
si courageusement incarnée par tant d’agents,
dont ceux qui portent le si noble nom de Gardiens de la Paix.
Dans la classification Dewey des savoirs,
les ouvrages relatifs à la Police sont classés dans les  « services d’aide sociale » :
la Police comme garante de l’ordre républicain,
et donc de la Justice sociale.
 
En mémoire des 4 agents frappés par la haine,
nous devons continuer à entretenir une vision exigeante de notre Police,
en lui donnant les moyens d’accéder à la pleine excellence opérationnelle et éthique,
à la hauteur de ses plus grands mythes, d’un certain « 36 » aux savoir-faire millimétrés du RAID,
en passant par la « PP » et les grands services du Renseignement policier,
qui n’ont strictement rien à voir avec les douteuses pratiques, minoritaires et passéistes, de basse police.
 
Pour ce qui est de l’esprit de Résistance,
interrogeons les murs éloquents de la Préfecture de Police
qui sut prendre toute sa part dans le soulèvement contre l’occupant nazi.
 
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Ces pierres-là nous disent avec force
qu’il est d’autres pierres, à la fois fortes et paradoxalement infiniment sensibles,
des pierres humaines qui sont le socle
de la Maison République et de la Maison France.
 
*

Père de deux enfants, le major Damien E. était entré en 1991 dans la Police nationale. Comme l’informaticien qui l’a frappé d’un coup de couteau, cet homme de 50 ans était en poste à la très sensible DRPP (Direction du renseignement de la préfecture de police de Paris). Le même service, durement touché par la tragédie, accueillait aussi depuis 2003 le gardien de la paix Anthony L., âgé de 39 ans et lui aussi père de deux jeunes enfants.

Adjoint administratif au sein de la DRPP, Brice L. 38 ans, était lui en poste depuis 2013. Sous le choc lorsque la nouvelle de son décès s’est diffusée dans le quartier vendredi matin, les voisins se souviennent d’un jeune homme cheveux poivre et sel
« vraiment très sympathique », « souriant, agréable, discret sur ses activités professionnelles ».

À rebours de cette paisible vie de quartier, son histoire familiale charriait son lot de souffrance et de tristesse. Brice L. avait perdu son père à la fin des années 1990 et sa maman, gravement malade, est hospitalisée depuis plusieurs années dans un établissement du sud-ouest de la France.

Engagée dans la police en 2002, Aurélia T., 39 ansmembre du soutien opérationnel à la DSPAP (Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne), assouvissait une véritable passion. « Depuis qu’elle était toute petite, elle ne parlait que de devenir policière, raconte Henriette, sa grand-mère. Ce métier, c’était toute sa vie… »

Mère de deux enfants, Aurélia T. se disait auprès de ses proches « très fière de son travail », « heureuse de faire partie de la Police et d’être utile… ». La grand-mère d’Aurélia, choquée, se souvient aussi de « ces conversations avec son grand-père. Il trouvait son métier dangereux… »

Vies professionnelle et familiale entremêlées, Aurélia T. avait rencontré son futur mari au sein de la Préfecture de Police. Le couple a deux garçons, âgés de 5 et 8 ans.

Ce vendredi, le patron des policiers de Seine-et-Marne est venu apporter son soutien au mari d’Aurélia. Tout comme le maire de la commune, Guy Geoffroy. « Elle était souriante, gentille, volontaire dès qu’il fallait aider, témoigne Anouar Bouydarne, responsable des jeunes au club de football de la commune. Elle était là tous les mercredis pour accompagner ses enfants… »

Source : Vincent Gautronneau et Ronan Folgoas, avec Sylvain Deleuze (Le Parisien)

Tirailleurs, goumiers, spahis et leurs frères d’armes : ce que, sans distinction, la France doit à tous ses fils héroïques

Débarquement de Provence : une opération éclair

 

Au matin du 15 août 1944 débute l’opération Dragoon sur le littoral provençal. Objectif : prendre les Allemands par surprise et soulager le front de Normandie. Cette opération, qui s’étend de Cannes à Marseille, va mobiliser plus de 400 000 hommes, Français, Américains, Anglais et Canadiens. Récit.

Le « top départ » est donné le 14 août à 19h15 précises sur les ondes de la BBC. « Nancy a le torticolis« , « Gaby va se coucher dans l’herbe« , « le chasseur est affamé » : autant de messages qui annoncent l’imminence de l’opération Dragoon.

A 00h15, le 15 août, les commandos français d’Afrique du colonel Bouvet et le 1st Special Service Force américaine du colonel Walker entrent en scène : après être parvenues à sécuriser le cap Nègre, elles affrontent les défenses allemandes à Hyères.

Vers 8 heures, les Alliés préparent le terrain en lançant un vaste bombardement sur la côte tenue par la XIXe armée allemande. Des milliers de tonnes d’obus s’abattent sur l’ennemi dont les rangs s’étaient dépeuplés, soixante-dix jours plus tôt, au profit de la bataille de Normandie… Dans la foulée, en mer, une impressionnante armada s’élance vers le littoral provençal : 2 200 bâtiments, dont 850 navires de guerre. La côte, jonchée de mines par les Allemands, sera meurtrière pour de nombreux soldats.  

 Fraternité d’armes entre métropolitains, pieds noirs et goumiers

L’objectif des Alliés ? Gagner au plus vite la stratégique route nationale 7 pour atteindre la vallée du Rhône. Au soir du 15 août, près de 100 000 hommes ont déjà débarqué.

L’Armée B du général de Lattre de Tassigny, qui constitue le symbole de la fraternité d’armes entre métropolitains, pieds noirs et goumiers, jouera un rôle déterminant dans la libération de la Provence. Avec un courage immense, au prix de pertes importantes, elle parviendra, avec l’aide de la résistance locale, à libérer Toulon et Marseille dès la fin d’août 1944. Soit treize jours seulement après le début de l’opération, contre 40 jours planifiés par les Alliés. 

De Lattre envoie au Général de Gaulle : « Aujourd’hui J+13, dans le secteur de mon armée, il ne reste plus un Allemand autre que mort ou captif ». La Provence est libérée. Dès lors, la progression alliée n’en sera que plus fulgurante : dès le 12 septembre la jonction est faite avec les troupes de Normandie, en Bourgogne. Quand Dragoon rencontre Overlord…

Sources : Ministère des Armées  

*

Hommage du Président de la République : https://www.dailymotion.com/video/x7g4jvz

*

Les « Coloniaux »  dans l’armée régulière et la Résistance : http://www.histoire-immigration.fr/dossiers-thematiques/les-etrangers-dans-les-guerres-en-france/1940-des-coloniaux-dans-l-armee

*

D’ici, de là, de là-bas.

Par-delà l’accent, la couleur de peau, la culture propre à chacun(e),

l’essentiel 

pour hier, aujourd’hui, demain :

être fils et fille de France

et de son « pacte séculaire avec la Liberté ».